Le week-end des 25 et 26 octobre 2026 a scellé le sort des quatre formations ivoiriennes encore engagées sur la scène continentale. Malgré des résultats qui entretenaient l’espoir après les matchs aller, aucune n’a réussi à valider son billet pour le tour suivant. Cette élimination collective prive la Côte d’Ivoire d’une présence dans les phases de groupes des compétitions interclubs de la Confédération africaine de football (CAF), une situation qui ne s’était plus produite depuis la saison 2020-2021.
L’ASEC et San Pedro laissent filer leur chance
En Ligue des champions, l’ASEC Mimosas et le FC San Pedro avaient pourtant abordé les matchs retour avec des arguments pour espérer une qualification. Mais les deux représentants ont finalement échoué.
Après son nul (1-1) au Maroc, l’ASEC Mimosas a été battue par le MAS de Fès (1-2) au stade Félix-Houphouët-Boigny, le dimanche 25 octobre. Les Jaune et Noir n’ont pas su profiter de l’avantage de jouer devant leur public.
Le FC San Pedro a également manqué l’occasion de franchir ce cap. Victorieux à domicile (2-1), les Pétruciens ont perdu 0-2 sur la pelouse du FC Nouadhibou, en Mauritanie. Ils voient ainsi s’éloigner leur ambition d’atteindre, pour la première fois de leur histoire, la phase de groupes de la Ligue des champions.
Cette victoire permet par ailleurs au club mauritanien d’éliminer un nouveau représentant ivoirien, après ses précédents succès face à l’Africa Sports d’Abidjan en 2018 et à la Société Omnisports de l’Armée en 2019.
L’AFAD et le CO Korhogo également stoppés
En Coupe de la Confédération, les espoirs ivoiriens se sont aussi envolés. Le Club Omnisports de Korhogo, qui disputait sa première campagne africaine, a longtemps résisté à l’AS FAR du Maroc avant de s’incliner sur le score de 1-2 au match retour. Le nul vierge concédé à l’aller n’aura donc pas suffi aux Korhogolais pour poursuivre l’aventure.
L’AFAD Plateau a, pour sa part, été éliminée par le Club Sportif Sfaxien. Après un partage des points (1-1) lors de la première confrontation, les Afadistes ont perdu 0-1 en Tunisie. Comme leurs compatriotes, ils quittent la compétition avant la phase de groupes.
Niveau du championnat ivoirien interroge
La présence de quatre clubs ivoiriens à ce stade de la compétition représentait une opportunité importante pour le football national. Jamais, depuis l’attribution de quatre places aux pays les mieux classés à l’indice CAF à partir de 2004, la Côte d’Ivoire n’avait disposé d’une telle représentation à ce niveau. L’espoir de voir plusieurs équipes atteindre les phases de groupes était donc réel.
Ces éliminations rappellent également le recul des clubs ivoiriens dans les compétitions continentales. Le dernier sacre majeur d’une formation ivoirienne remonte à 1999, année où l’Africa Sports d’Abidjan a remporté la Coupe de la CAF, tandis que l’ASEC Mimosas s’adjugeait la Supercoupe de la CAF.
Depuis, les clubs du pays n’ont plus remporté de trophée continental majeur. L’ASEC a certes atteint les demi-finales de la Ligue des champions en 2002, puis celles de la Coupe de la Confédération lors de la saison 2022-2023. Le Séwé Sport de San Pedro a également disputé la finale de cette dernière compétition en 2014. Des parcours qui témoignent d’un potentiel réel, mais qui n’ont pas permis de mettre fin à cette longue période sans titre.
Toutes ces déconvenues africaines mettent en évidence le niveau du championnat ivoirien. Lors d'une émission organisée sur la chaîne de télévision La 3 en septembre 2026, le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Yacine Idriss Diallo, a déclaré que les joueurs évoluant dans le championnat local n'ont pas encore le niveau requis pour intégrer régulièrement l'équipe nationale A des Éléphants. Une telle affirmation a créé un tollé dans le milieu du football ivoirien, remettant en cause de façon implicite le niveau du championnat ivoirien dont il en est le promoteur. Pour lui, les joueurs locaux n'ont pas le niveau pour jouer en équipe nationale, le championnat ivoirien n'est pas assez développé comparativement aux championnats européens pour alimenter régulièrement la sélection. Il a indiqué qu'il s'appuie sur ses collaborateurs pour suivre les rencontres de Ligue 1 et qu'il regarde les matchs à la télévision.
Au terme des deux tours préliminaires, les quatre représentants ivoiriens affichent un bilan de trois victoires, quatre défaites et neuf matchs nuls. Ces chiffres traduisent les difficultés rencontrées par les équipes nationales pour transformer leurs résultats en qualifications, notamment lors des rencontres décisives à l’extérieur.
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