Jusqu’ici, l’accès à des infrastructures de production de haut niveau demeure l’un des défis auxquels sont confrontés de nombreux producteurs africains. En ouvrant ses studios à des projets extérieurs au groupe, Canal+ élargit potentiellement les capacités disponibles pour les créateurs locaux et régionaux.
Au-delà de la seule production télévisuelle, cette décision intervient dans un contexte de montée en puissance des industries culturelles et créatives sur le continent, où plusieurs capitales cherchent à attirer tournages, talents, financements et plateformes de diffusion.
Abidjan dispose déjà de plusieurs atouts : une industrie audiovisuelle active, un marché publicitaire important, une forte consommation de contenus locaux et une position de carrefour en Afrique de l’Ouest francophone.
L’enjeu désormais est de transformer ces atouts en véritable écosystème de production, capable non seulement de répondre au marché ivoirien, mais aussi d’attirer des projets régionaux et internationaux.
Pour Michel Mutombo-Cartier, cette dynamique passe aussi par une meilleure adaptation aux nouveaux usages. Il estime notamment que le digital doit être pensé comme un levier économique à part entière, et non comme un simple canal de diffusion.
L’ouverture des studios MANCALA pourrait ainsi s’inscrire dans une logique plus large : renforcer les capacités locales de production tout en accompagnant la transformation numérique du secteur.
À terme, la capacité d’Abidjan à consolider ce type d’infrastructures, à attirer les producteurs et à développer les compétences locales pourrait peser dans son positionnement face à d’autres hubs audiovisuels du continent.
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