Dans une plantation, le manque d’eau se lit sur les arbres avant de se retrouver dans les comptes du producteur. Près de Bouaflé, certains producteurs comme le planteur Koffi Alexis Amani observe les conséquences de pluies moins prévisibles. D’autres décrivent des feuilles qui se recroquevillent, des branches sèches et des cabosses de petite taille.
Derrière ces signes, une question se pose : comment continuer à produire du cacao lorsque les conditions nécessaires à sa culture deviennent plus difficiles à réunir ?
Sélectionner des plants qui supportent mieux le manque d’eau
Au CNRA, les scientifiques croisent des cacaoyers, puis soumettent leur descendance à différents niveaux de stress hydrique. Le généticien Caudou Trebissou explique cette démarche de sélection. Onze variétés ont donné des résultats jugés satisfaisants, avec une commercialisation envisagée à terme.
Cette annonce constitue une piste encourageante. Elle appelle toutefois une distinction essentielle : obtenir des résultats prometteurs au cours d’essais représente une étape vers une solution agricole. Pour les planteurs, l’enjeu sera de connaître les performances de ces plants dans leurs conditions de production, leur disponibilité et les modalités de leur introduction dans les exploitations.
La dépêche ne précise ni calendrier de diffusion ni coût d’accès.
Préserver la récolte et les revenus
Selon l’agronome Maryse Assi, interrogée par l’AFP, le déficit hydrique perturbe la floraison et réduit l’accès des plants à certains éléments minéraux du sol. Dans l’attente, Amani associe ses cacaoyers à d’autres espèces végétales pour apporter notamment de l’ombre.
La réponse à la sécheresse se construit ainsi à deux niveaux : dans les travaux scientifiques et dans les choix quotidiens des producteurs. Pour une famille agricole, la valeur d’une nouvelle variété se mesurera à sa capacité à préserver une récolte, mais aussi à limiter les dépenses et l’incertitude qui accompagnent une mauvaise campagne.
Faire parvenir l’innovation jusqu’aux exploitations
Le défi dépasse donc la sélection végétale. Il concerne également la production de matériel de plantation, l’accompagnement technique et la capacité des exploitants à renouveler leurs parcelles.
Pour Science et Société, c’est là que se situe la prochaine question à suivre : comment les résultats du laboratoire deviendront-ils une ressource accessible aux producteurs ? La réussite de cette recherche se mesurera aussi à cette rencontre entre innovation scientifique et réalités rurales.
Source : d’après une dépêche de l’AFP publiée par Dawn le 15 octobre 2026, « World's top cocoa producer Ivory Coast aims for a climate-tough bean ».
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