Publicité
2
Eco-Société

Biodiversité : la Côte d’Ivoire annonce la création de la Réserve naturelle volontaire de la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby à San Pedro

Abidjan, le lundi 2 novembre 2026(LDA)-La Côte d’Ivoire poursuit ses efforts de préservation de la biodiversité avec la création de nouvelles aires protégées et le renforcement des dispositifs de lutte contre les atteintes à l’environnement. Selon un communiqué transmis à la rédaction le lundi 2 novembre 2026 par APO Group, parmi les initiatives engagées figure la création de la Réserve naturelle volontaire de la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby (SOGB), dans le département de San Pedro.

Par OM
00:00 --:--

Par cette initiative, le gouvernement ivoirien entend renforcer la protection de son patrimoine naturel. Dans cette dynamique, le Conseil des ministres a adopté, le 9 septembre 2026, un décret portant création de la Réserve naturelle volontaire de la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby (SOGB).

Cette nouvelle aire protégée couvre environ 4 000 hectares répartis sur seize îlots forestiers situés dans le complexe agro-industriel de la SOGB, dans la sous-préfecture de Grand-Béréby. Selon le Portail officiel du gouvernement, elle abrite notamment des espèces végétales endémiques à l’Afrique de l’Ouest ainsi que des espèces remarquables de faune.

Cette mesure s’inscrit dans la politique nationale de conservation de la diversité biologique, dans un contexte marqué par la dégradation des écosystèmes et la disparition progressive de plusieurs espèces.

D’après le communiqué, 26 espèces de plantes vasculaires ont disparu des forêts ivoiriennes entre 1960 et 2002, tandis que 70 autres sont devenues rares ou sont menacées d’extinction. Le document fait également état de 82 espèces animales menacées et de plus de 60 espèces d’oiseaux concernées.

La situation de la faune emblématique est également préoccupante. La population d’éléphants, estimée à environ 100 000 individus dans les années 1960, serait comprise entre 225 et 500 individus en 2024. À ces menaces s’ajoutent la dégradation des zones humides et côtières, l’érosion du littoral et la pression exercée sur les ressources halieutiques.

La production nationale de pêche, évaluée à 83 000 tonnes, ne couvrirait que 12 % d’une demande estimée à 700 000 tonnes par an, toujours selon les chiffres communiqués.

La lutte contre l’orpaillage illégal renforcée

Face à ces pressions, le gouvernement entend également intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal, considéré comme l’une des principales menaces pour les écosystèmes. Le sujet a été examiné à plusieurs reprises en Conseil national de sécurité.

Le 30 septembre 2026, des équipements ont été remis au Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal, à la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention ainsi qu’à d’autres unités engagées sur le terrain. Cette dotation vise à renforcer leurs capacités opérationnelles.

Le gouvernement prévoit par ailleurs de durcir les sanctions à travers un projet de modification du Code pénal. Les mesures envisagées devraient concerner non seulement les auteurs directs de ces activités, mais aussi les commanditaires, les receleurs, les financiers et les propriétaires des sites d’exploitation illégale.

Dans le même élan, le Conseil des ministres a adopté, le 23 septembre 2026, quatorze décrets portant redéfinition des limites de cinq agro-forêts et de neuf forêts classées.

Cinq aires marines protégées en projet

La prochaine phase du Programme-cadre de gestion des aires protégées (PCGAP 2025-2039) prévoit également la création de cinq aires marines protégées. Les sites concernés sont le site transfrontalier Côte d’Ivoire-Libéria, dans la zone du Cavally, la forêt classée de Dassioko, le parc national d’Azagny, un site transfrontalier entre la Côte d’Ivoire et le Ghana ainsi que les îles Ehotilés.

À travers ces initiatives, les autorités ambitionnent de faire des aires protégées des espaces à forte valeur touristique, susceptibles de contribuer au développement économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

« En agissant localement, nous contribuons à un effort global pour un avenir plus résilient, plus durable et plus prospère dans les 31 régions et les deux districts autonomes des 322 400 km² de notre grande nation », a déclaré le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, rapporté par le document.

La Côte d’Ivoire, membre depuis 2023 du Réseau régional d’aires marines protégées en Afrique de l’Ouest (RAMPAO), a également engagé des réformes de son cadre juridique et institutionnel en matière de protection de l’environnement. Elle a actualisé sa stratégie et son plan d’action pour la biodiversité afin de les aligner sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Ces différentes mesures traduisent la volonté des autorités de mieux protéger les ressources naturelles du pays tout en faisant de leur valorisation un levier de développement durable.

Commentaires (0)

Soyez le premier à commenter cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-spam interne activé.